Le syndrôme de la noix de coco…

Un peu moins d’un mois après mon retour chez les Gaulois, un petit bilan pour dire où j’en suis dans mon projet.

Et bien à vrai dire, pas bien loin.

« Toi y a n’a connaître économie ? »

J’ai été officiellement accepté à l’université de Rio, et je m’en félicite. Mais la bourse sur laquelle je comptais jusqu’alors pour vivre et étudier à Rio durant les prochaines années s’est avérée être une tentative d’escroquerie. Le professeur qui me l’avait introduite, sans y avoir regardé de près, se dit vaguement « désolé, mais bon j’y peut rien moi ! ». Fin de l’histoire, circulez.

Sans compter qu’il ajoute, dans un élan de bienveillance à mon égard et que les Cariocas sauront apprécier : « J’ai des doutes quand à la culture universitaire de recherche brésilienne ». Après ça, on ne peut pas dire que le cliché du pays sous développé ne perdure pas. « Toi y a n’a connaître économie ? » Comment ose-t-il comparer sa minable petite université lilloise à celle de Rio ? Lui, le Grand chercheur, post-keynesien, qui aime s’étendre dans les médias lorsque ces derniers le sollicitent, et qui alors, n’hésite pas à vanter le mérite de l’ouverture intellectuelle et critique que son approche scientifique et pédagogique propose au sein de l’université Lille 1. Bref, il y aurait de quoi en dégoûter certain…

« A long terme nous serons tous mort ! » nous dit Keynes et les adeptes de la secte keynésienne.

En attendant, moi, je vais vivre à Rio, et j’emmerde les post-keynésiens.

Des sous !

Il ne semble exister aucun moyen, aucune aide financière, peu importe d’où elle proviendrait (Etat, region, département, mécénat privée etc.) qui supporterait un projet à l’étranger, hors partenariat. Même le Rotary Club, c’est pour dire à quel point j’en suis arrivé, a fermé son budget d’aide aux projets, la faute à la crise il paraît. Il existe bien quelques pistes mais toutes dans le cadre d’un partenariat inter université. Car l’essentiel est bien là, et d’un certain côté il peut se comprendre. D’aucun aurait intérêt à financer la formation à l’étranger d’un étudiant, si celui-ci ne satisfait pas les bons critères d’un bon investissements sur le long-terme, c’est à dire qu’il apporte une plus-value.  C’est que, dans ce cas, l’administration de l’université se transforme en un espèce de banquier, qui après examen de votre dossier,  aura bien vite refuser votre demande de prêt : c’est bien connu, les banquiers ne prêtent qu’aux riches ! Et le petit étudiant idéaliste qui croit en l’égalité de tous dans l’espoir des lendemains qui chantent la Marseillaise, de rétorquer plein de fougue et de révolte :

Coco verde

– Mais je croyait l’université française lieu de savoir et d’ouverture intellectuelle dont la logique collégiale et coopérative s’opposerait à une certaine idée de la marchandisation du savoir, processus qu’il faut combattre becs et ongles contre les mécréants capitalistes. A l’université on ne vient pas recevoir un diplôme qu’on aurait acheté ! L’université, c’est la réflexion intellectuelle, la critique du système, l’entraide, c’est la culture, dont le voyage et les études universitaires à l’étranger font partie !
– Que nenni ! nous déclare le baron.  Arrière maraud ! Tu ne croyais tout de même pas qu’on allait te payer tes noix de cocos et ta crème solaire pour aller te dorer la pilule à Copacabanna !

L’université est également le lieu, très refermé des petites tambouilles entre collègues, où l’on est prêt à mentir ou à ne pas dire toute la vérité afin de parvenir à ses fins, à savoir ici, garder les étudiants dans leurs programmes afin de pérenniser les financements de ces filières…

Bref , le résultat c’est que j’ai commencé à envoyer mes C.V…

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