Elections présidentielles au Brésil vu par…

PG

Mercredi, 06 Octobre 2010 15:44 Souleymane Ba, Le Parti de Gauche

Dimanche dernier, les élections présidentielles ont eu lieu au Brésil. Malgré ce que cherche à nous faire croire beaucoup de médias français, le Parti des Travailleurs (PT) est bien le grand gagnant. Alors bien sûr, Dilma Rousseff, sa candidate, n’a pas été élue dès le premier tour, mais elle a tout de même reçu 46,9% des suffrages exprimés. Même si certains tentent de minimiser la victoire du PT, il est difficile de faire croire qu’un tel score au premier tour d’une élection présidentielle n’est pas un score important !

La droite, elle, est arrivée en deuxième position du scrutin avec 32,6% des voix pour José Serra, le candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Oui, malgré son nom il convient de considérer ce parti comme à droite puisqu’il se revendique clairement comme libéral et n’est d’ailleurs pas membre de l’Internationale socialiste.

Enfin la troisième candidate est Marina Silva dont le score de 19,3% – il faut le reconnaître – a surpris beaucoup de monde. Beaucoup de commentateurs français se sont réjouis de ce score élevé pour une candidate se revendiquant du mouvement de l’écologie politique. Mais souvenons nous d’où vient Marina Silva. Lorsqu’elle était membre du PT, elle préconisait une alliance de son parti avec la droite. Cette forme de connivence avec la droite se retrouve d’ailleurs dans ses fortes prises de position contre l’avortement lors de la campagne électorale ou encore dans l’immense soutien dont a bénéficié Marina Silva de la part des églises évangélistes.

Chaque pays a ses propres spécificités et il faut en tenir compte si l’on veut comprendre réellement la situation politique d’un pays. Il est alors possible d’en tirer des enseignements. Le PT brésilien est né d’un constat : celui du double échec du communisme d’Etat et de la social-démocratie. Alors que certains le voyaient déjà revenir dans le giron de la social-démocratie, le PT a confirmé son indépendance absolue de cette orientation en refusant d’adhérer à l’Internationale socialiste.

A ceux qui voulait réduire le mouvement des révolutions démocratiques d’Amérique Latine à des personnalités fortes au pouvoir – en l’occurrence à la personnalité de Lula pour le Brésil –le score de Dilma Roussef démontre qu’il s’agit bien d’un véritable élan populaire que rien ne peut arrêter.

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