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J’aurais mis quelques jours avant de réaliser ce qu’il venait de se passer… Aucun reportage de la Globo, la TF1 brésilienne, principale source d’info pour qui se contente du JT ou du quotidien papier. Quelques liens sur Facebook certes, mais j’ai du rester hermétique, insensible à ces messages d’appel à la révolte qui ont pu être publié ici ou là. Noyé dans la masse, le scandale m’est passé sous les yeux sans que je prenne conscience du drame qui venait de se jouer.

Jusqu’à ce que je tombe sur cette vidéo :

Difficile d’imaginer après ces quelques images qu’il y avait là une ville entière ! En moins de deux jours, ce « bidonville » où vivait plus de 6000 personnes à été complétement rasé, laissant ses habitants à la rue, les plus chanceux pouvant trouver refuge dans un gymnase, les autres…

Pas un mot dans Lemonde.fr , sur le site de Libé, du Figaro, du New York Times… Pas un mot sur la chaîne brésilienne Globo donc. Un scandale pareil est encore moins visible depuis l’Europe. Il faut vouloir trouver, et parler au minimum anglais pour enfin avoir des infos, via le Guardian.

São José dos Campos est situé à environs 60 km de São Paulo. 2000 policiers envoyés un dimanche  à 6h du matin. Aucun avertissement, aucune mesure d’évacuation prévue, rien d’autre que des gaz lacrymogènes et des armes avec balles en caoutchouc, ou non. Imaginez, femmes, enfants, bébés… ambiance fin du monde et guerre contre les pauvres. Les gens qui vivaient sur ce terrain de 1 millions de mètres-carrés depuis au moins 2004, certains il y a bien plus, ont tout laissé, et tout perdu.

Tout cela pour quoi ? Pour qui ?

Le terrain est apparemment la propriété d’une banque, qui spéculait sur le foncier. Investissement immobilier, purement spéculatif, purement inhumain. Le propriétaire : Naji Nahas, connu de la justice pour fraude et autres affaires de corruption.

Un scandale donc, qui a déjà une page très fournie sur wikipedia. A ce jour, je n’ai vu aucune réaction de la part de la présidente Dilma, à part une condamnation morale dans les médias, tout le monde politique (à part quelques vaillants) a l’air de s’en foutre royalement. C’est dégueulasse.

Pour en savoir un peu plus, voir quelques témoignages, il y a cette vidéo, avec sous-titre français :

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Terroriser les terroristes…

« Il Faut terroriser les terroristes »

C’est ce que clamait en 1986 Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur sous la présidence de  Mitterrand et dans le gouvernement de J.Chirac.
Il semblerait que ce soit également l’idée de Sérgio Cabral Filho, actuel gouverneur de l’État de Rio de Janeiro et membre du Partido do Movimento Democrático Brasileiro, classé au centre (mais bien à droite en fait), lorsque celui-ci prit la décision  Mercredi 24 Novembre d’envoyer les unités blindées (les tanks, les chars, comme vous préférez) dans le but de chasser les méchants terroristes des favelas du nord de Rio de Janeiro. L’action n’aurait néanmoins pas eu lieu sans l’aval de la présidente fraichement élue du Partido dos Trabalhadores, Dilma Roussef.

Bilan de l’opération : 30 morts.

source : lemonde.fr

Loin de moi l’idée d’excuser le climat de violence urbaine et de quasi guerre civile qui peut régner aujourd’hui dans certaines des favelas de Rio de Janeiro et des grandes villes brésiliennes plus largement. Mais avant de commenter l’envoi de la cavalerie, peut-être serait il intéressant de savoir comment de telles zones de non-droit, où l’État a complétement démissionné de ses fonctions, ont pu apparaître et devenir si puissante.

Pour cela, rien de tel qu’un petit magazine « Manière de Voir », supplément d’Octobre du Monde Diplo spécial Brésil,  un bouquin : Raizes do Brasil (Racines du Brésil) de Sergio Buarque de Holanda, un film: Citade De Deus (La Cité de Dieu) de Fernando Meirelles, et en fond sonore, tribunal de Rua de O’Rappa…

à suivre…